Le mouvement.info revient sur la conférence de presse concernant la LPPR au Dôme à Montpellier

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Agacée, un peu. Irritée, oui, aussi. C’est très déterminée que s’est présentée la députée La France insoumise, Muriel Ressiguier devant la presse héraultaise.

Le motif de son mécontentement : l’adoption de la Loi de Programmation Pluriannuelle pour la Recherche (LPPR) par l’Assemblée Nationale, jeudi 24 septembre à Paris. « Ils continuent. Ils cherchent à casser la recherche publique française. Ils sont dans leur ligne droite, leur ligne ultralibérale ». A peine le point presse entamé en ce mardi 29 septembre que l’élue héraultaise cogne sur le gouvernement et plus précisément sur l’actuelle ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, Frédérique Vidal.

C’est peu dire qu’une telle loi était « attendue depuis des années », comme l’a d’elle même reconnu la prolixe députée montpelliéraine. Mais l’attente suscitée autour de ce texte ne semble avoir d’égal que la déception à la vue du contenu de celui adopté à l’Assemblée Nationale, en première lecture.

« La dernière loi pluriannuelle datait de plusieurs années. Le gouvernement Castex se devait d’en présenter une. C’est fait. Dès la présentation de la première version du texte le 24 juillet dernier, on a été franchement consterné par le document qui nous a été transmis. Le texte adopté la semaine dernière ressemble beaucoup au premier texte, malheureusement », déplore l’élue.

« Donc, l’actuel gouvernement rejette par avance, la responsabilité du suivant » – Muriel Ressiguier

C’est peu d’écrire que dans le texte, les points qui conviennent à la députée sont peu nombreux. C’est avec un redoutable pragmatisme que celle-ci a pris le temps nécessaire pour les attaquer, un par un.

« On nous annonce 400 millions d’euros budgétés pour 2021 puis 800 en 2022 puis 1,2 milliard en 2023. Ok, mais, selon les dernières études, il faudrait à minima 1 milliard d’euros par an sur la prochaine décennie pour rattraper le retard en France. Pire, les plus grosses sommes ont été budgétées sur les 6 dernières années de la prochaine décennie. Donc, l’actuel gouvernement rejette par avance, la responsabilité du suivant », tacle l’élue, soulignant que les grosses dépenses seront à prévoir par l’exécutif en place après les Présidentielles du printemps 2022. Un choix aussi habile qu’assumé par l’exécutif actuel.

Les dépenses ainsi budgétées sont de facto inscrites dans la loi. Il faudra donc une nouvelle loi au prochain gouvernement pour revenir sur ces dépenses, au risque d’être rejeté à ce moment-là par le Parlement.

Pour le budget, l’élue France Insoumise est tranchante. Elle l’est encore plus sur les inégalités engendrées par le texte fraîchement adopté. Dans son viseur, sans surprise, l’actuelle ministre est l’unique cible de son courroux. « On n’a eu que trois jours de débat entre le 21 et le 24 septembre. Soit, ok, c’est leur choix. Qu’ils l’assument. Mais par moments, on a eu un argumentaire présenté par la ministre qui était pour le moins franchement déconcertant », entame celle qui est députée France Insoumise jusqu’au printemps 2022. Elle poursuit « sur la création des CDI de Mission, par exemple, Frédérique Vidal nous a expliqué que ce nouveau statut est parfaitement fait pour les femmes dans le monde de la Recherche. Ses propos consistaient à expliquer que, selon la ministre, la précarité est clairement moins difficile pour les femmes que pour les hommes ». Assurément, les femmes chercheuses en France apprécieront à sa juste mesure, les propos de la ministre, rapportée par la députée montpelliéraine.

« Ils ont la main sur l’agenda et sur le déroulé de la totalité des débats au Parlement. » – Muriel Ressiguier

Soucieuse de montrer que la Recherche publique est un sujet qu’elle maîtrise, Muriel Ressiguier a expliqué, qu’à l’inverse des membres du Gouvernement Castex, elle « a participé à de nombreuses auditions de chercheurs français dans les locaux mêmes de l’Assemblée Nationale et que les chercheurs sont eux désabusés, et son de plus en plus nombreux à avouer avoir perdu le sens même de l’intérêt de leur métier en France ». De là à dire que la loi adoptée la semaine dernière va aggraver ce sentiment, il n’y a qu’un pas que la députée n’a pas franchi, mais fortement sous-entendu.

Méthodique, la députée a insisté sur la méthode employée par l’actuel gouvernement pour « faire passer sa réforme qui va aboutir à la fin de la recherche publique ».  « Ils ont la main sur l’agenda et sur le déroulé de la totalité des débats au Parlement. Là, ils ont délibérément choisi de faire passer cette loi en procédure accélérée. Donc, on a eu que trois jours de débats. Ils ont mis trois petites journées pour détricoter la Recherche publique en France, comme ils l’ont fait ces dernières années avec l’Hôpital Public. La ministre n’a pas du tout pris le temps d’écouter les chercheurs. On se retrouve avec une loi très très grave pour notre Recherche et qui a été adoptée à la va-vite, à 0h15, jeudi dernier. Ils n’ont qu’à supprimer le Parlement. Cela sera encore plus simple pour eux pour poursuivre leur logique ultralibérale ». Fermer le ban.

Le texte adopté en première lecture va désormais être soumis au débat puis au vote des sénateurs, en octobre prochain. Possiblement modifié par les sénateurs, ce texte devrait être définitivement adopté « en deuxième lecture, et surement à nouveau, en procédure accélérée avant l’été 2021 par les députés », a conclu, dépitée, la députée.

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