Muriel Ressiguier a envoyé une question écrite au gouvernement

Muriel Ressiguier interroge Madame la ministre du travail sur la décision du gouvernement de geler les contrats aidés avec un effet rétroactif au 1er juillet.

Pour rappel, au mois de mars 2017, l’INSEE a confirmé que le fléau du chômage touchait 6 567 000 personnes toutes catégories confondues, DOM-TOM compris, inscrites au Pôle Emploi dont 1,2 million déclaraient rechercher un emploi depuis au moins un an. Ce niveau de chômage de masse est inacceptable dans la 5ème économie mondiale. Pour la DARES, dans son rapport complet du même mois, le véritable chiffre du nombre de chômeurs (fourchette basse) se situerait plutôt autour de 11 millions si l’on compte en plus des inscrits au Pôle Emploi, les chômeurs invisibles : 1 million de bénéficiaires du RSA (seuls 840 000 sont inscrits au Pôle Emploi sur les 1 840 000 bénéficiaires), 1 million de bénéficiaires de la prime d’activité (sur les 2,45 millions de bénéficiaires, sortis des statistiques RSA car en recherche d’emploi stable et non précaire), 1,1 million de bénéficiaires de l’AAH ou d’une pension d’invalidité (non-inscrits à Pôle emploi malgré une aptitude et un désir de travailler) et 1,4 million de sans-droits (jeunes de moins de 25ans, primo demandeurs d’emploi), étudiants en recherche de petits jobs alimentaires, sans droits en raison du dépassement des plafonds de ressources dans le foyer, bénéficiaires de pensions de réversions ou de pensions alimentaires qui dépassent les plafonds du RSA… En sus, selon les derniers chiffres de l’INSEE, ce sont 8,77 millions de personnes qui vivent en dessous du seuil de pauvreté, soit plus de 14 % de la population. La question est alors de savoir comment lutter contre le chômage, et de façon urgente.

Pour le premier trimestre de cette année, ce sont 473 000 personnes qui ont bénéficié d’un contrat aidé. Toujours selon la DARES, « 67 % des personnes sorties en 2014 d’un CUI-CIE et 41 % des personnes sorties d’un CUI-CAE étaient en emploi » six mois après la fin de leur contrat aidé. Elle conclut donc à un effet réel à court terme des contrats aidés sur l’insertion par l’emploi. Actuellement, même si les dispositifs de contrats aidés varient selon le type de contrat, les cibles de publics à aider ou la durée déterminée des contrats, l’aide financière publique globale se situe seulement entre 12 000 et 40 000 euros par emploi.
Rappelons également que pour le laboratoire LIEPP (Laboratoire Interdisciplinaire d’Evaluation des Politiques Publiques), chargé d’évaluer l’impact du CICE sur l’emploi et les salaires, ce sont au maximum 100 000 emplois qui ont été créés ou sauvés pour un « investissement » de l’Etat de 27 milliards d’euros, soit 270 000 euros par emploi.

Si les contrats aidés ne sont bien évidemment pas la panacée, votre décision d’en supprimer 150 000 (en gelant le nombre de contrats aidés au 1er juillet à 300 000 au lieu des 450 000 prévus initialement) sans les remplacer par de nouveaux dispositifs ou des ouvertures de postes dans les organismes publics ou l’éducation nationale où ils comblaient jusqu’à présent une carence de l’Etat, est inadmissible !
C’est donc la double peine pour les collectivités locales ou les établissements scolaires qui ont de réels besoins et qui manquent cruellement de moyens pour assurer des missions d’intérêt général et de solidarité et un coup dur pour le monde associatif.
C’est pourquoi, Madame la Ministre, je vous interroge pour savoir quels sont les leviers que le gouvernement envisage de mettre en œuvre pour lutter efficacement contre le chômage de masse et assurer le droit au travail pour tous ?

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