Les militants du mouvement créé par Jean-Luc Mélenchon sillonnent la France à la rencontre des habitants des quartiers populaires. Objectif : mobiliser contre la loi travail en vue de la manifestation du 12 septembre et informer les gens sur leurs droits sociaux. montpellier

Fin de matinée, hier. Une animation inhabituelle règne sur le parking du centre commercial Saint-Paul, à La Paillade. A côté de la camionnette placardée d’affiches représentant le « Phi » bleu sur fond rouge de la France insoumise, une tonnelle a été installée. Plus tôt dans la matinée, les militants sont allés à la rencontre des habitants pour distribuer des tracts. Des gens du quartier s’approchent, se renseignent. Les discussions vont bon train.

Comme l’été dernier à la même époque, Montpellier est une étape du tour de France entamé le 6 août par la « caravane insoumise » . Après La Paillade hier, la camionnette fera halte aujourd’hui à partir de 10h sur le marché du Chemin Bas, à Nîmes, avant de terminer son parcours le 24 août à Marseille, où se tiendront les amphis d’été de la France insoumise.

« Notre but c’est de mobiliser les gens contre la loi travail en leur expliquant ce qui se trame », explique Daoud, chauffeur officiel de la caravane. Autrement dit battre le rappel des troupes « là où personne ne va » en perspective de la manifestation organisée à la rentrée (12 septembre) à l’appel de la CGT.  » On propose aussi, grâce à des tablettes mises à disposition, des simulations pour informer les gens de leurs droits », poursuit Daoud.

« Contrairement à ce qu’on croit, il y a davantage de personnes qui ne réclament pas leurs droits que de gens qui soi-disant en profitent », renchérit Rhany. Enfant du quartier, il est l’initiateur du groupe France insoumise de La Paillade. Un mouvement qu’il a rejoint en tout début d’année et dans lequel il s’est beaucoup impliqué au moment des élections législatives et présidentielles. « A la base je ne suis pas politisé du tout. Comme beaucoup de gens ici, qui ne votent pas. Mais j’ai senti un engouement. Je me suis dit : on va arrêter de se plaindre et on va agir », confie ce trentenaire. Dans ce quartier populaire, « qui est la troisième ville de l’Hérault », « Mélenchon est arrivé en tête au 1er tour avec 40% des voix », se plait-il à rappeler. Conscient néanmoins, plus que quiconque, de l’ampleur de l’abstention et de la défiance qui s’est installée à l’égard des partis politiques traditionnels : « Dans les troquets, avenue de Barcelone, ça ne parle que de politique. Mais personne ne vote », rapporte-t-il. « Je ne les juge pas, j’étais comme eux il y a encore pas longtemps. Ce qu’il faut, c’est que les gens comprennent qu’ils doivent agir par eux-mêmes », estime-t-il.

Aux côtés des militants, ceinte de l’écharpe tricolore, la députée France insoumise de la 2ème circonscription de l’Hérault, Muriel Ressiguier, a tenu à être présente. « Nous sommes dans la continuité de la démarche entamée avant les présidentielles : aller à la rencontre des gens, les écouter, les aider à accéder à leurs droits. Les élections sont finies et on revient. On l’avait dit et on le fait : je sais que certains habitants sont méfiants, parce qu’ils ont le sentiment d’être utilisés au moment des échéances électorales. Nous ne sommes pas dans une démarche clientéliste, en voilà la preuve », insiste Muriel Ressiguier.

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