Audition de M. Jean-Michel Blanquer, ministre de l’éducation nationale, de la jeunesse et des sports, sur la rentrée scolaire

Cette rentrée 2021 est placée, une fois encore, sous le signe de l’impréparation et du flou artistique. Le manque de cohérence dans vos décisions rend difficile la mise en œuvre du protocole sanitaire et n’est pas propice à la sérénité. Par exemple, ce protocole évoque la généralisation des détecteurs de CO2 alors qu’ils étaient seulement “recommandés” il y a peu. Bien sûr, l’aération reste essentielle, mais faire cours les fenêtres ouvertes en plein hiver, en obligeant les élèves à garder leurs manteaux, n’offrira pas de bonnes conditions d’apprentissage. Les purificateurs d’air permettent un véritable assainissement de l’air et c’est d’ailleurs la solution choisie par d’autres pays. Mais pas par vous, bien qu’après avoir minimisé leur utilité, vous encouragez leur installation, sans toutefois en assurer le financement, qui est donc à la charge des collectivités territoriales. 

Par ailleurs, Emmanuel Macron propose d’expérimenter des « écoles du futur » où le recrutement des enseignants seraient organisés localement par les directeurs eux-mêmes. On retrouve là la seule constante du gouvernement qui est la casse du service public et la vision de l’école entreprise. En effet, c’est en réalité le statut de fonctionnaire qui est dans la ligne de mire et la fin de l’école publique qui se prépare.

Le problème de l’école ne vient pas de la motivation des enseignants, ni de leur statut mais du manque de moyens qui ne permet ni d’exercer ni d’étudier dans des conditions matérielles et humaines satisfaisantes.

J’ai eu l’occasion lors de cette rentrée de rencontrer plusieurs chefs d’établissement de collèges de Montpellier, un collectif de parents d’élèves, ainsi que des enseignants et le constat est le même pour tous : manque de CPE, manque ou non remplacement d’AED et d’AESH, manque d’heures attribuées dans le cadre de la DHG, non-remplacement des professeurs absents…

Pour permettre à l’école publique d’assurer ses missions émancipatrices, envisagez-vous de lui en donner enfin les moyens, avec un budget qui tient  compte des besoins réels pour que les acteurs du système éducatif ne se contentent plus de jongler en gérant la misère ?

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