Question écrite au gouvernement : « 6ème extinction de masse et réchauffement climatique : L’inaction tue ! »

6ème extinction de masse et réchauffement climatique : L’inaction tue !

Madame Muriel Ressiguier interroge Madame Barbara Pompili, Ministre de la transition écologique, sur les mesures envisagées par le gouvernement pour respecter ses engagements climatiques.

Depuis de nombreuses années maintenant, l’alerte est donnée sur l’extinction et la disparition avérée et pronostiquée de nombreuses espèces animales et sur l’érosion de la nature. Sur ces 100 dernières années, 200 espèces ont disparu, là où il aurait fallu 10 000 ans en temps normal.

Ainsi, la plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), qui regroupe 132 états membres, sous l’égide de l’ONU, nous donne les chiffres inquiétants de 75 % d’altération de la surface terrestre, 66 % des océans subissent des modifications de plus en plus importantes et plus de 85 % de la surface des zones humides ont disparu. Elle indique aussi que près d’un million d’espèces sont actuellement en voie de disparition.

Depuis 1993, 43 % des lions ont disparus, et ils ne sont plus qu’environ 35 000, en 10 ans la population d’orang-outang de Bornéo a baissé de 25 %, on dénombre 18 000 girafes en moins sur 30 ans et 95 % des lémuriens se sont éteints depuis 2000. Ces extinctions concernent toutes les régions et toutes les catégories animales, aussi bien les mammifères que les amphibiens, les reptiles ou les oiseaux.

Les principales causes en sont le réchauffement climatique, l’urbanisation, la déforestation, l’agriculture intensive, la dégradation de l’habitat et la surexploitation des espèces. De plus, l’incursion de l’humain sur le territoire animal ainsi que le trafic d’animaux sauvages ont aussi pour conséquence l’émergence de nombreuses épidémies transmises de l’animal à l’homme.

Déjà en 2017, les scientifiques recommandaient une réduction de la consommation, l’utilisation de technologies moins agressives envers l’environnement, la fin du commerce des espèces en voie de disparition, ainsi que le maintien des habitats naturels et la protection de la biodiversité. 

Après l’espoir suscité par l’accord sur le climat en 2015, force est de constater que 5 ans plus tard, aucune action notoire n’a été menée par la France pour préserver le climat et notre planète. La loi du 10 février 2020 relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire n’a pas permis d’avancées significatives, donnant la primeur à l’économie capitaliste.

De même, alors que de nombreuses propositions ont été faites suite à la Convention Citoyenne pour le Climat, quasiment aucune n’a été retenue dans le projet de loi “Climat et Résilience”. Les mesures les plus structurantes ont été abandonnées ou amoindries. L’avis rendu par le Haut Conseil pour le Climat en fait lui-même le constat et estime que le texte manque d’ambition pour respecter les objectifs fixés par la France. 

De nombreuses mobilisations ont eu lieu, organisées par des citoyens de tout âge et de toute catégorie sociale, inquiets pour l’avenir de l’humanité. Les marches pour le climat ont réuni des millions de personnes, des actions non violentes sont menées, par ANV-COP 21 ou Alternatiba, contre, par exemple, l’exploitation des énergies fossiles et son financement notamment par les banques françaises, l’inaction des décideurs politiques, la surproduction.

De nombreux scientifiques alertent sur une 6ème extinction de masse, déjà en cours, et une étude du service européen COPERNIC révèle que 2020 fait partie des années les plus chaudes, avec un réchauffement à plus de 2,2 % en Europe, ce qui est très loin des objectifs de la convention de 2015, fixés à + 1,5 %.

C’est pourquoi, Madame Muriel Ressiguier interroge Madame Barbara Pompili, Ministre de la transition écologique, sur la politique du gouvernement. Pourquoi avoir organisé une convention citoyenne sur le climat, si c’est pour ne pas en reprendre les propositions ? Que prévoit le gouvernement pour respecter ses engagements pris lors de l’accord sur le climat et quels moyens va-t-il y allouer ? Quelles dispositions concrètes la France va-t-elle prendre pour contribuer à la préservation des espèces et dans quel délai ? Enfin, le 03 février, l’Etat a été condamné par le tribunal administratif de Paris à verser 1€ symbolique aux ONG qui ont porté plainte pour « inaction climatique » car les engagements en matière de réduction de gaz à effet de serre n’ont pas été respectés. Vous avez déclaré que le gouvernement avait pris acte de la décision du tribunal administratif, concrètement comment comptez-vous rattraper le retard pris par la France, quelles mesures allez-vous prendre pour réduire de manière efficace et rapide l’émission de gaz à effet de serre ?

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