Audition Cédric O 05 mai 2020 Intervention Commission des affaires culturelles.

La crise sanitaire a contraint les enseignants à dispenser leurs cours à distance, pour tenter d’assurer la continuité pédagogique. Cette situation a mis en exergue les défaillances techniques des  plateformes de l’éducation nationale, et le fait que l’enseignement à distance nécessite une formation adaptée qui manque actuellement. Jean-Michel Blanquer avait annoncé le 12 mars que la plateforme de l’E.N.T. serait capable de recevoir sept millions de connexions. Mais 2 mois plus tard, le système n’est toujours pas satisfaisant et entre-temps des enseignants ont dû se tourner vers les outils proposés par les géants du web, tel que Google Education.

Jusqu’en 2017, le gouvernement soutenait le développement des ENT, et avait mis en place le Gestionnaire d’Accès aux ressources, qui garantissait la protection des données personnelles des élèves et des enseignants. Cet effort aurait dû se poursuivre mais au lieu d’investir dans le développement de ces plateformes, Mathieu Jeandron, délégué au numérique éducatif, a autorisé les établissements scolaires à se servir des outils des GAFAN. Notons qu’il a quitté ses fonctions en 2018 pour rejoindre Amazon…

Le gouvernement a fait preuve d’un manque de volonté politique pour combler les carences d’équipement du personnel et des élèves en logiciels libres. Pourtant, des solutions existent qui  mériteraient d’être développées et améliorées.

Les GAFAN ont perçu la rentabilité que pouvait générer l’accès aux données des élèves et des enseignants. Par exemple, sur Google Education, les documents mis en ligne pourront être récupérés par l’entreprise, ce qui lui donnera accès à beaucoup de données personnelles concernant les élèves et les professeurs. Libre ensuite aux GAFAN de revendre ces données.

 En juillet 2019, un rapport de la Cour des comptes alertait déjà sur le nombre croissant de logiciels privés dans l’éducation nationale et sur la vision commerciale des éditeurs de logiciels.

Envisagez-vous de revenir sur l’autorisation donnée aux établissements scolaires d’utiliser les outils des GAFAN? Allez-vous opter à la place pour l’investissement et le développement de logiciels libres au sein de l’éducation nationale ?

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