Muriel Ressiguier a envoyé une question écrite au gouvernement

Mme Muriel Ressiguier interroge M. le ministre de l’action et des comptes publics sur la démultiplication des missions allouées aux services de douanes françaises alors qu’en parallèle les baisses constantes des effectifs et les coupes budgétaires ne permettent plus à cette administration d’exercer pleinement et correctement ses missions initiales : le contrôle des marchandises qui entrent sur le territoire national, la perception des droits et taxes de celles-ci, et la lutte contre la contrefaçon et les trafics illicites (médicaments non homologués, jouets radioactifs, vins frelatés, etc).

De plus, la fermeture de près de 80 structures va marquer la disparition du service public de proximité et la centralisation à outrance ne répond pas aux attentes des usagers. C’est ainsi le cas à Gignac dans l’Hérault, où la fermeture annoncée de la recette locale serait catastrophique dans un important bassin viticole.
Si l’article 28-1 du code de procédure pénale a attribué à l’administration des douanes de nouvelles prérogatives judiciaires, la crise migratoire actuelle et les risques terroristes ont incité à l’utiliser en complément, voir en remplacement, des forces attachées au ministère de l’intérieur ou de la défense. La disparition des frontières intérieures à l’espace Schengen, l’uniformisation des codes douaniers et la création d’agences européennes ont accentué ce transfert. Par exemple, l’agence Frontex, qui a financé en 2015 70% d’un Patrouilleur garde-côtes français en Méditerranée, imposa sa mobilisation en mer 2 fois 30 jours par an aux opérations de lutte contre l’immigration clandestine et de sauvetage de migrants en naufrage en interdisant le personnel médical à bord. Les douanes françaises n’ont pas les moyens humains et techniques de réaliser ses sauvetages. Il est inacceptable de laisser, par négligence ou inaction, se noyer des hommes et des femmes que la misère et la guerre poussent à l’exil.

Suite à l’accord du 26 mars 2016 signé entre l’Union Européenne et la Turquie, entérinant le renvoi hors des frontières européennes des exilés arrivés illégalement en Grèce, les douaniers ont été invités à se rendre volontaires pour être affectés à la surveillance du territoire et prêter main forte aux policiers grecs en escortant les migrants en situation irrégulière vers la Turquie. Cette opération, qui n’est pas une mission douanière à l’origine, est humainement et politiquement indigne. Les douaniers français ne peuvent pas être les variables d’ajustement des politiques d’austérité imposées par l’UE aux gouvernements grecs ou français, qui doivent sous la contrainte, supprimer de nombreux emplois de fonctionnaires.

C’est pourquoi, je vous demande monsieur le ministre de réaffirmer les missions fiscales et économiques fondamentales des douanes françaises et d’augmenter les effectifs et les budgets nécessaires au bon fonctionnement pour le prochain projet de loi de finances.

Accéder à la réponse du gouvernement

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