La librairie montpelliéraine Sauramps, une institution du livre et de la culture, vit en ce moment de graves difficultés. Née au lendemain de la seconde guerre mondiale, elle a pris une place importante dans le cœur des habitants, devenant un lieu incontournable dans la diffusion des idées.
Alliant pensée critique et pluridisciplinarité, le livre s’est épanoui dans la capitale héraultaise grâce en partie à Sauramps et l’apparition de ses multiples points de vente spécialisés, portant la tradition universitaire de la ville. Alors même que la création et le goût de la lecture sont confronté à l’apparition des ventes en ligne et des éditions numériques, la librairie indépendante réussissait le pari de se hisser au 6ème rang du classement national, tout en conservant son caractère et sa spécificité.
En 2016, Sauramps, qui affichait un déficit mineur malgré un chiffre d’affaires de plus de 20 millions d’euros, était mise en vente. L’affaire fut confiée au tribunal de commerce qui a déclaré dans le cadre d’un mandat ad hoc : « Le plan de développement est intervenu à contre-courant, sur fond de crise du marché du livre et de concurrence d’Amazon ».
La semaine dernière, le tribunal de commerce s’est finalement tourné vers l’offre de reprise la plus néfaste socialement parlant, soit celle du groupe « Le furet du Nord » qui propose la fermeture de plusieurs sites et la suppression de 63 emplois sur les 130 que compte actuellementSauramps. Jeudi 29 juin, le site d’Odysseum a été fermé, entrainant la mobilisation des salariés qui refusent de se voir imposer un modèle économique plus proche de la grande surface que de celui de la librairie indépendante.
Des procédures ont été déposées en ce sens pour contester cette vente auprès du procureur du tribunal de grande instance de Montpellier le lundi 3 juillet, parallèlement par les représentants des salariés et par l’ancien responsable du groupe.
Aujourd’hui, mercredi 5 juillet, une décision lourde de sens pour les salariés va être prise et nous saurons si le choix du repreneur est confirmé.

J’apporte tout mon soutien aux salariés en lutte. Il est indispensable de sauvegarder les emplois liés aux métiers du livre, clé de la diffusion des savoirs et il est primordial de ne pas réserver la culture à certains lieux ou à certains publics, en la faisant revenir et entrer partout, d’autant plus lorsqu’il existe des solutions alternatives permettant de limiter la casse économique et sociale.

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